BEACH SOCCER / ERIC CANTONA : : « Je suis un passionné »
ERIC FROSIO
BEACH SOCCER / ERIC CANTONA :

« Je suis un passionné »

Sophie DANGER - jeudi 22 novembre 2007 - 15h23

Dans le restaurant du Copacabana Plazza, vingt-quatre heures avant de disputer une demi-finale de Mondial de beach-soccer finalement perdue face au Brésil (6-2), « coach Canto » a accepté de se livrer à notre correspondant Eric Frozio.

Eric Cantona, qu'êtes-vous venu chercher au beach-soccer, un sport que vous développez quasiment à bout de bras ?
Non, je ne suis pas tout seul. Il y a beaucoup de gens qui travaillent dur autour de la famille Cantona, il y a aussi la Fédération Française de Foot qui nous aide depuis deux ans maintenant. Ensemble, on essaye d'avancer et d'aller plus loin parce que c'est un sport qui a un potentiel énorme et qui, socialement, peut avoir un rôle important à jouer. Quand la saison se termine au mois de mai, commence celle du beach soccer. Tous les jeunes n'ont pas les moyens de partir en vacances. Pratiquer ce sport est une alternative vraiment intéressante. Un terrain de beach peut se construire n'importe où. Pas besoin d'être sur une plage. Il suffit d'avoir du sable. Et les gosses qui ne partent pas l'été, peuvent trouver un but, se faire des copains, jouer des matches le dimanche…Socialement c'est donc important même si on ne va pas raconter d'histoires et dire que c'est seulement pour cette raison qu'on veut développer le beach.

Qu'est-ce qui vous plait tant dans cette discipline ?
C'est un sport magnifique, plein de rebondissements, de buts spectaculaires… Comment ne pas aimer ce sport ? Je me le demande. Certains ont besoin que des milliards de gens adhérent pour pouvoir aimer un sport. Mais nous, ça ne nous intéresse pas. Au départ, on est dans un truc qu'on aime, qu'on a lancé et notre satisfaction réside dans le fait que de plus en plus de gens adhérent et qu'on se sent épaulé. On est des avant-gardistes… D'ailleurs, sans doute que lorsque 3 milliards de personnes s'y intéresseront, on sera déjà parti sur un autre truc.

« Je ne sais pas me freiner »

Vous n'avez pas le costume traditionnel du coach. Vous, c'est plutôt short et tongs. Vous sentez-vous néanmoins proche des entraîneurs de L1 par exemple ? 
On ne parle pas du même sport. France-Brésil en demi-finale du beach, ce n'était pas la revanche de France-Brésil en 86, 98 ou 2006. Cela n'a rien à voir. C'est comme si on comparait un GP de moto avec une épreuve de trial. Ok, on met un casque et on monte sur un deux roues, mais à part ça, ça n'a rien à voir.

Quel genre de coach êtes-vous ?
Je suis un passionné, à l'écoute de mes joueurs et j'ai toujours envie de gagner. Je suis exigeant à ce niveau là. Quand je jouais à onze, je jouais pour gagner, idem quand j'étais entraîneur-joueur. Aujourd'hui, depuis mon banc de touche, c'est encore le cas. Je suis un gagneur, mais y'en a plein d'autres comme moi.

Et sur le banc ?
Je suis à fond. Même si on est sur la plage, en short, c'est un sport hyper exigeant. Et moi je vibre, je bouillonne. Peut-être trop d'ailleurs. Mais je ne sais pas me freiner…

Votre amour pour ce sport vous a-t-il détourné du foot traditionnel ?
Forcément. Je suis un peu éloigné de tout ça. Il m'arrive encore de regarder les grands matches, pour voir les grands joueurs. Quand il y a une équipe comme Barcelone, le Real, Manchester ou même Liverpool, dans un autre registre, je sais que je vais passer un bon moment. Par contre si c'est pour m'emmerder devant un match, comme souvent, non ça ne m'intéresse pas. 

Eric Frosio à Rio de Janeiro



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