BASKET / PROA : : Fratricide ou fraternel ?
BASKET / PROA :

Fratricide ou fraternel ?

Mélanie PONTET - vendredi 21 novembre 2008 - 19h25

Au travers de l'affiche Nancy - Gravelines se jouera une place de leader de Pro A. Mais la rencontre s'annonce aussi comme un affrontement entre deux coaches emblématiques, Jean-Luc et Christian Monschau. Un match forcément particulier pour les deux frères.

Et on reprochera à la Pro A de ne pas proposer pas des affiches alléchantes… La rencontre Nancy-Gravelines de ce samedi a les armes pour faire taire les détracteurs.  Déjà parce que l'enjeu est de taille : le vainqueur de ce match deviendra tout simplement le nouveau leader du championnat. « L'équipe gagnante sera seule en tête après huit journées, ce qui n'est pas banal ! », analyse Jean-Luc Monschau, l'entraîneur nancéen.  Le public, lui, sera chauffé à blanc pour cette affiche de haut de tableau qui ne sera définitivement pas comme les autres. 
Car samedi, au coup d'envoi, les deux entraîneurs iront se saluer. Mais pas comme d'habitude. Jean-Luc Monschau n'accordera pas une poignée de main chaleureuse à son adversaire mais une bise amicale, fraternelle même, puisqu'il  accueillera, Christian Monschau sur son parquet. « On a toujours plaisir à se voir avec le frère, le championnat nous offre deux possibilités de plus par an », sourit Jean-Luc.  Deux occasions de se croiser peut être mais quand les deux tacticiens lorgnent tous les deux la tête du championnat, il ne faut pas s'attendre à ce que les retrouvailles prennent l'allure d'un repas de famille. « Nous sommes tous les deux de très grands compétiteurs et on est vraiment là pour gagner, explique Christian.  Il faut savoir mettre nos sentiments personnels dans un coin car nous sommes, chacun de notre côté, engagés pour notre club. »

Vivement dimanche...

Samedi soir, les échanges seront brefs, les croisements de regards furtifs à l'image de la discrétion adoptée cette semaine à Nancy comme à Gravelines. « On ne s'est pas appelé alors qu'on est au téléphone ensemble tous les deux jours d'habitude. On parle beaucoup basket ensemble, championnat mais aussi Euroleague, NBA mais cette semaine, c'était silence radio ! », raconte le coach nordiste. Le comportement n'est pas stratégique et encore moins agressif mais les deux frères se respectent trop pour se chambrer. Alors si l'affiche entre les deux Monschau a tout pour attirer le public et les médias, elle est finalement loin d'être une rencontre convoitée par les frères. « Ce ne sont pas des matches agréables pour nous »,  dixit Christian. « C'est difficile pour tous les deux parce qu'au fond, on est supporter de ce que fait le frère avec son équipe », ajoute l'ainé.

Nancy et Gravelines n'ont concédé qu'une seule défaite cette saison et s'imposent comme deux grosse cylindrés du championnat français. Christian voit ainsi l'équipe de son aîné comme « le champion sortant et la meilleure équipe française de ces quatre dernières années » alors que Jean-Luc flatte Gravelines « d'avoir prouvé ses qualités en gagnant notamment Orléans ou Toulon, une équipe que nous n'avons pas su battre. C'est aussi une équipe très complète parfaitement capable de s'imposer en déplacement. »
Samedi soir, dans le Palais des Sports de Nancy, l'issue du match aura donc un goût amer pour les coachs Monschau. Qu'il s'agisse alors de Jean-Luc ou de Christian, l'un aura manqué la place de leader,  l'autre aura du mal à savourer sa victoire à 100%. Il ne sera pas question ensuite de revenir sur la rencontre « On ne peut pas échanger. Nos constats seraient déjà des indices pour le match retour ».  Le silence sera donc prolongé de quelques heures encore. Avant que les stigmates de ce face à face pas comme les autres puissent enfin être oubliés. 



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